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+ Andy’s gone

Une libre évocation d’Antigone

Dans une salle commune, Régine, la reine du royaume, a réuni les habitants de la Cité pour les mettre à l’abri de la catastrophe climatique qui doit bientôt les toucher.
Appareillés d’un casque audio sans fil, les spectateurs sont les citoyens de cette Cité.

Allison, sa nièce et fille du précédent roi, est une adolescente qui semble penser que l’état d’urgence mis en place par Régine cache d’autres mystères.
Pendant une heure, nous assisterons à l’affrontement entre la raison d’état prôné par Régine face à la liberté et à la fraternité défendues par Allison : radicalité de la jeunesse face à l’acceptation du compromis par l’adulte.
Nous sommes déplacés dans notre position de spectateur, à la fois acteur et citoyen de cette fiction, ou nous aurons bien du mal à ne pas prendre parti dans ce dispositif de théâtre immersif. La réalité du lieu qui accueille le spectacle (sans aucun ajout pour le théâtraliser) est modifiée par les casques audio et grâce aux vidéos projetées qui nous transportent autre part et dans un autre temps.
L’auteure québécoise, Marie-Claude Verdier, a spécialement écrit ce texte pour la compagnie Adesso e sempre  qui, s’inspirant de la confrontation entre Créon et Antigone,  nous parle bel et bien d’une société dans laquelle chacun se retrouvera.
Le projet s’inscrit dans le dispositif du Conseil départemental de l’Hérault « Collèges en tournée ».

Transmission

L’histoire de la compagnie a basculé le jour où, après notre premier spectacle que nous avions donné au Théâtre de Clermont-l’Hérault, nous sommes allés dans une classe du collège du Salagou rencontrer des élèves. Quelques heures plus tard, je rencontrais Robin Bailey, le directeur du théâtre à l’époque, et lui demandais s’il était prêt à nous aider si nous nous installions dans l’Hérault.
Ce que nous avions traversé dans cette classe était exaltant. Je prenais conscience que mon désir intime de jouer, de créer et qui ne touchait à priori que moi, pouvait être partagé.
Je pouvais transmettre et donner du sens à ce que j’éprouvais.

Depuis, la compagnie n’a cessé d’orienter ces projets  autour de la question de la transmission. Dans le processus de création, nous intégrons  la plupart du temps l’adolescent. En particulier avec le projet Les Témoins où nous avons été en résidence dans une petite dizaine de lycées et où les élèves ont enrichi le spectacle grâce à leur réflexion.
Cette saison, nous bénéficions du dispositif Lycéen Tour pour une résidence au Lycée Loubatières d’Agde pour notre prochaine création à partir du roman de Sorj Chalandon, Le Quatrième Mur.

Il était alors évident de répondre de manière enthousiaste à votre sollicitation pour le dispositif « Collèges en tournée ». Votre proposition a fait naître la nécessité de prolonger notre prochaine création, Le Quatrième Mur (prix Goncourt des Lycéens 2013) par une forme dirigée vers les établissements scolaires. En effet, Le Quatrième Mur raconte l’histoire d’un homme qui fait le pari fou de vouloir mettre en scène l’Antigone d’Anouilh à Beyrouth avec des acteurs de confessions religieuses différentes pendant la guerre civile libanaise.
Loin de vouloir décliner notre future création, je voulais profiter de cette occasion pour me confronter plus profondément au drame d’Antigone, seulement un prétexte dans le roman de Sorj Chalandon, pour interroger le théâtre et le réel.

L’échange central de la pièce d’Anouilh entre Antigone et Créon me semblait être une magnifique matière sur la confrontation politique entre la radicalité et le consensus à partager avec des adolescents.
Radicalité de la jeunesse face à l’acceptation du compromis par l’adulte.

Dans le même temps, j’ai découvert une jeune autrice québécoise, Marie-Claude Verdier, grâce à ma participation au comité de lecture du Tarmac, Théâtre francophone international de Paris, et qui est d’ailleurs lauréate de leur dernier jury de sélection.
Ce qui m’a beaucoup touché dans son écriture, c’est d’une part, la liberté avec laquelle elle traite de sujets actuels (elle met souvent en scène des personnages adolescents) moins courante chez les écrivains français, n’hésitant pas à passer radicalement de situations très ancrées dans l’actualité à d’autres fantastiques. Sa langue, aussi, m’a beaucoup réjoui. Sans tabou, elle intègre toutes les influences qui la traversent. Elle n’hésite pas à utiliser l’anglais, le français ou le dialecte québécois que nous ne comprenons pas et qui nous apparaît alors comme une langue inventée.

J’ai alors décidé de lui proposer d’écrire spécialement pour ce projet, une adaptation contemporaine d’Antigone, axée sur l’antagonisme de Créon et d’Antigone et dirigée vers un public adolescent. Un échange passionnant entre elle et moi, d’un côté et de l’autre de l’Océan Atlantique, s’est institué où elle a rebondit au-delà de mes espérances à toutes mes intuitions et à mes désirs de mise en scène.

Altruisme

Le cadre que je définissais à ce projet était assez précis : tout se passe dans une salle de classe.
Les spectateurs sont invités à venir s’y réfugier par Régine (notre Créon). Il leur est distribué des casques audio sans fil qui les plongeront par la bande-son dans une autre réalité.
Ce dispositif immersif sera un moteur d’imaginaire qui suppléera à l’absence de décor. Plus exactement, la réalité de la salle de classe sera utilisée comme telle et s’ajoutera à la fable de la bande-son.
C’est alors qu’Alison (notre Antigone) fait intrusion dans la salle. La Cité est en état d’urgence entre catastrophe climatique et afflux de migrants. Comment le pouvoir peut et doit réagir ?
Comment le point de vue de la jeunesse, sa générosité et son innocence y répondent ?

J’ai préféré que le pouvoir soit incarné par une femme qui aurait pu être Antigone adolescente pour renforcer le questionnement central de notre projet, soit deux points de vues de personnes sociaux-culturellement similaires et dont l’âge est leur principale différence. Elles ont grandi ensemble, elles s’aiment. Régine n’est pas comme une mère mais plutôt comme une grande sœur pour Allison.

Nous voulions aussi que l’acte de rébellion d’Alison ne soit pas d’ordre privé, qu’il ne soit pas lié à son intérêt particulier comme dans la tragédie de Sophocle ou d’Anouilh mais que son refus de respecter la loi soit un acte altruiste.

Très vite, nous avons imaginé que la rebelle Alison serait une figure de « street artiste ». Elle se filmera et procèdera à des actions artistiques dans la ville du collège où nous jouerons. Elle montrera ses exploits par le biais de vidéo-projection dans la salle de classe au moment de la représentation. Des élèves pourront être associés à ce travail plastique en amont du spectacle.
Le personnage d’Andy évoque à la fois Hémon, la figure de l’amant suicidé d’Antigone et ses deux frères, Polynice et Etéocle. Il est le destin brisé de la jeunesse auquel Alison répond par un désir de vie amplifié.

Texte original Marie-Claude Verdier
Mise en scène Julien Bouffier
Interprètes Vanessa Liautey et une comédienne (en cours de distribution)
Univers sonore Jean-Christophe Sirven
Lumières Christophe Mazet
Administration-production Nathalie Carcenac
Diffusion Claire Fournié 06 87 45 76 03

Durée : 1h
Production Compagnie Adesso e sempre. Dans le cadre du dispositif du Conseil départemental de l’Hérault Collèges en tournée. Coproduction SortieOuest, domaine départemental d'art et de culture de Bayssan - scène conventionnée pour les écritures contemporaines à Béziers. Co-réalisation : Festival Villeneuve en scène. Ce spectacle reçoit le soutien de Réseau en scène Languedoc-Roussillon. Adesso e sempre est subventionnée par le Ministère de la Culture / Drac Occitanie, la Région Occitanie, la Ville de Montpellier.

Création en novembre 2016
15 représentations prévues dans le cadre du dispositif du Conseil départemental de l’Hérault Collèges en tournée

3 lectures du texte de Marie-Claude Verdier

• dans le cadre de Collèges en tournée, dispositif du Conseil départemental de l'Hérault, à l'issue d'une semaine de résidence en immersion dans un Collège de Béziers
• dans le cadre du festival Le Printemps des comédiens à Montpellier du 24 au 26 juin 2016
• au Tarmac, scène internationale francophone,  à  Paris du 27 au 29 juin 2016

Représentations 2016 Andy’s gone 

• Collège Lucie Aubrac, Béziers Lundi 14 novembre, 10h et 13h30
• Collège, Olonzac Mardi 15 novembre, 13h40
• Aigues-vives, Salle des fêtes Mardi 15 novembre, 19h00
• Collège Paul Riquet, Béziers Jeudi 17 Novembre, 10h et 13h30
• Collège Krafft, Béziers Lundi 21 Novembre, 10h et 13h30
• Collège, St-Chinian Mardi 22 novembre, 10h40
• Collège Lucie Aubrac, Béziers, Salle polyvalente Mardi 22 novembre, 18h00 Tout public
• Montpellier, Salle A3 Du 23 au 25 novembre, 20h Tout public
• Collège J. Perrin, Béziers Vendredi 25 novembre, 10h30 et 14h
• Médiathèque, Béziers, L'œuf Dimanche 27 novembre, 16h00 Tout public
• Collège Las Cazes, Montpellier Mardi 29 novembre, 15h
• Montpellier Villeneuve-lès-Maguelone, Maison d’arrêt Jeudi 1er décembre, 10h00
• Roujan Vendredi 2 décembre, 14h
• Roujan, Salle du peuple Vendredi 2 décembre, 21h00  Tout public

Tournée 2017-2018 Andy’s gone 

• Du 10 au 22 juillet 2017 à 19h (relâche le 14 juillet) au Festival Villeneuve en Scène (Avignon off)
• Du 20 au 25 novembre 2017 au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, scène nationale (78)
• 15 février 2018 à 14h30 et 20h au Périscope à Nîmes (34)
• 22 et 23 février 2018 à La filature, scène nationale dans le cadre de La Filature au collège (68)
• 5, 6, 7 avril 2018 au Théâtre Gérard Philipe à Montpellier (34)