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+ Costa le Rouge

De Sylvain Levey
Mise en scène Julien Bouffier
Création 2011

Costa est un enfant qui passe beaucoup de temps avec son grand-père. Il aime l’écouter lui raconter ses histoires de pionniers, de commencements, de « comment c’était avant ». Lorsque Papé disparaît, Costa décide de prendre le relais...

A travers cette fable intime, c’est du monde que Sylvain Levey nous parle, la transformation d’une société, d’un territoire, où le béton investit nos vies. Il avait été commandé à Sylvain Levey un texte qui s’ancrait dans la Seine- Saint-Denis et il a répondu par une œuvre universelle.

Raconte-moi une histoire

Costa est un enfant qui passe beaucoup de temps avec son grand-père. Il aime l’écouter lui raconter ses histoires de pionniers, de commencements, de « comment c’était avant ».
Papé transmet ainsi à son petit-fils les valeurs qui lui ont permis de rester debout pour affronter ce monde qui marche sur la tête et qu’il est sur le point de quitter. La figure du Papé n’est pas seulement garante de l’histoire d’une vie, d’une société, elle est aussi celle qui nourrit l’imaginaire. Mais que restera-t-il de cette mémoire orale lorsque Papé sera parti ?
Papé pourrait être cet acteur agonisant du Chant du Cygne de Tchekhov qui ne différencie plus ses histoires de théâtre et le réel. Il est à lui seul le théâtre entre conte et documentaire.
C’est évidemment cela que je veux raconter : comment un enfant se construit-il dans un monde où le virtuel est tous les jours plus fascinant et le réel toujours plus âpre ?
Est-ce que le théâtre, la télé, les jeux vidéos peuvent aider l’enfant à réagir, à s’investir physiquement dans le monde ?

« Quel est l'être qui marche sur quatre pattes au matin, sur deux à midi et sur trois le soir ? »

L’énigme du sphinx posée à Œdipe...

Être un homme est le travail d’une vie. Sylvain Levey nous propose trois points de vue : l’enfant, le père et celui qui a la plus grande partie de sa vie derrière lui.
Quitter le monde, mourir, demande au Papé de réussir à mettre un point final à tout ce qu’il a entrepris, à s’expliquer, à pardonner. Une fois son grand-père disparu, Costa va devoir apprendre à grandir seul, son père étant trop occupé à travailler pour vivre.
Ce père qui perd le sien, ce père qui a perdu son guide doit pourtant continuer à conduire son fils, Costa mais PA, le père, a un contentieux avec Pape qu’il n’a pas réglé. Il n’a pas réussi à défendre les valeurs que son père portait. Il a baissé les bras comme de nombreux adultes confrontés à un sombre quotidien.
Comment ce père peut alors transmettre à son fils les valeurs que lui-même a préféré oublier pour continuer à se regarder en face ?
Et c’est ici que le texte de Sylvain Levey rejette tout défaitisme, toute noirceur car Costa, entre sa naïveté d’enfant et le monde imaginaire que son Papé lui a légué, prend la vie à bras le corps. Il a faim d’aventures, de découvertes et d’humanité.

Nous n’avons rien à perdre, qu’un monde à gagner

A travers cette fable intime, c’est du monde que Sylvain Levey nous parle, la transformation d’une société, d’un territoire, où le béton investit nos vies. Il avait été commandé à Sylvain Levey un texte qui s’ancrait dans la Seine- Saint-Denis et il a répondu par une œuvre universelle. En effet, loin de s’enfermer dans une régionalisation, Il réussit à parler des énergies qui sous-tendent ce territoire, et qui font échos à toute notre société. Qui peut dire qu’il n’existe pas où il habite des problèmes de transmissions, d’identités ?
Quand Sylvain Levey nous raconte l’histoire de Papé, c’est celle d’un espace de vie qui se rétrécit. Ce paysan qui vient travailler la terre, s’installe dans une maison qui sera détruite pour construire un immeuble et finit par emménager chez son fils.
Un écran/boîte fait face au public, à la fois façade d’immeuble, chambre de Costa et diaphragme d’appareil photographique qui emporte notre regard vers des contrées plus lointaines. Comme tout habitant d’immeubles, nous avons la tentation de regarder chez le voisin ce qui s’y passe. C’est cette position de voyeur que nous proposons au public sauf qu’ici nous entendrons ce qu’ils se disent. Nous serons chez eux et en même temps à notre place de spectateur conscient du monde qui nous réunit et avide d’histoires pour nourrir nos imaginaires.

Scénographie Emmanuelle Debeusscher
Lumières Christophe Mazet
Vidéo Laurent Rojol et JB
Univers sonore Eric Guennou

Avec Rachid Akbal, Jean-Claude Fall et Nicolas Vallet

Production Compagnie Adesso e sempre
Avec le soutien de La Région Languedoc-Roussillon et le Département de la Seine-Saint-Denis
Coproduction Espace 1789 de Saint-Ouen - Espace Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois - Le Forum /scène conventionnée de Blanc-Mesnil - Le Théâtre des Bergeries de Noisy-le-Sec - Ville de Pantin - Théâtre Jean Vilar de Montpellier