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+ Les retrouvés

Angry’N’ Dangerous Youth
Texte original de Marie-Claude Verdier

Un projet de Julien Bouffier
pour 80 casques sans fil et un espace dans lequel un public et deux actrice·eur·s peuvent se rassembler sans frontières
Création 2019-2020

A la fin d’Andy’s gone, la Cité voit ses portes s’ouvrir pour laisser rentrer les réfugiés qui meurent à ces murs. Régine, la reine réussit à les fermer malgré le chaos et fait disparaitre sa nièce Alison, promise au pouvoir. La révolte, cependant gronde. Alison avait déjà convaincu les citoyens et le public que Régine leur mentait. Régine doit restaurer son pouvoir mais une nouvelle voix se fait entendre dans les casques qui appelle à la rébellion. Et cette voix s’appelle Andy. Elle s’incarne dans un jeune homme qui veut reprendre le pouvoir qui lui a été volé.

Celui qui se fait passer pour Andy est le haut-parleur de ce peuple qui se sent trompé et maltraité. Mais qui est vraiment cet Andy ? Que cache cette parole qui veut tout remettre à plat ? La terreur qu’il met en place pour transformer la société est-elle justifiée ? La participation citoyenne qu’il propose au public est-elle une garantie de démocratie ?

Régine est jugée et exclue de la communauté. D’une autre pièce, elle va tenter de convaincre les spectateurs que cet Andy est un usurpateur, qu’il joue avec leurs peurs et qu’il est en train de mettre en place une dictature mais est-ce que le public est prêt à la croire ?
Ceux qui voudraient la suivre pourront la rejoindre dans l’autre pièce pour résister contre ce nouvel ordre.

 

Texte Marie-Claude Verdier
Mise en scène Julien Bouffier
Interprètes Vanessa Liautey et un jeune acteur
Univers sonore Jean-Christophe Sirven

Création le 8 janvier au Théâtre Jean Vilar à Montpellier

Durée : 1h
Tout public à partir de 14 ans (4e en scolaire)

Production Compagnie Adesso e sempre.
Coproduction (en cours) Théâtre Jean Vilar à Montpellier, Conseil départemental du Gard dans le cadre du dispositif Artistes en Résidence au Collège.
Adesso e sempre est subventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Occitanie, la Région Occitanie, la Ville de Montpellier.

 

Pourquoi une saison 2 ?

Andy’s gone a été un magnifique outil de médiation en direction des établissements scolaires et des territoires qui ne possèdent pas de lieux de représentation. Spectacle conçu pour une jauge réduite de 80 spectateurs environ (selon les dimensions de la salle d’accueil), il est autonome et ne demande pas plus d’un service d’installation. Créé en réponse à un appel à projet du Conseil Départemental de l’Hérault, en coproduction avec Sortie Ouest, domaine départemental d’art et de culture de Beyssan - scène conventionnée pour les écritures contemporaines à Béziers, il nous a permis de continuer à travailler le lien, cher à la compagnie, avec les adolescents puisqu’il a d’abord été créé dans des salles de classe de collèges.
Alors que nous dépasserons les cent représentations d’Andy’s gone à la fin de la saison 2018/19, nous avons ressenti la nécessité avec Marie-Claude Verdier de prolonger le destin de ces personnages, d’imaginer la saison 2. Souvent, dans la rencontre que nous initions à la fin du spectacle, le public nous demande ce qu’il se passe ensuite. L’univers feuilletonnesque que nous avons fondé à partir du mythe d’Antigone et de la confrontation entre Créon et Antigone, et alors que nous avons imaginé une fin ouverte, appelle une suite.

Les retrouvés se déroule dans une cité placée en état d’urgence. Comment le pouvoir peut-il et doit-il réagir ? Comment le point de vue de la jeunesse, sa générosité et son innocence y répondent ? L’opposition entre les deux acteurs, l’un incarnant le pouvoir en place, l’autre celui qui veut prendre la place, est une figure de l’engagement qui passionne les adolescents comme nous avons pu le constater lors des représentations d’Andy’s gone. C’est un sentiment partagé par de nombreux adolescents qui sont intéressés par le monde mais ne se sentent pas en capacité de participer, se sentent exclus. Les retrouvés amène l'idée de puissance sur le monde, de participation, de courage et de défense de ses idées.
Ce sont des valeurs et des idées qui peuvent résonner chez un public plus large, mais particulièrement à l'adolescence, moment où l'on est en pleine construction de son identité.

Un compagnonnage avec une auteure

Grâce à ma participation au comité de lecture du Tarmac, Théâtre francophone international de Paris, qui l’avait choisie dans sa sélection finale, j’ai découvert une jeune auteure québécoise, Marie-Claude Verdier.
Ce qui m’a touché dans son écriture, c’est la prédominance de la fable vis-à-vis de la forme, qui confronte de jeunes personnages au réel, de leur volonté (difficultés) d’avancer dans un monde complexe. Sa liberté de ton et son humour décalent les codes du réalisme, n’hésitant pas à passer radicalement de situations très ancrées dans l’actualité à d’autres fantastiques. Sa langue, aussi, m’a beaucoup réjoui. Sans tabou, elle intègre toutes les influences qui la traversent. Elle n’hésite pas à utiliser l’anglais, le français ou le québécois que nous ne comprenons pas et qui nous apparaît alors comme une langue inventée.
J’ai alors décidé de lui proposer d’écrire spécialement pour ce projet, une adaptation contemporaine, d’Antigone, axée sur l’opposition entre Créon et Antigone et dirigée vers un public adolescent. C’est ainsi qu’est né le premier volet, Andy’s gone en novembre 2016.
Un échange passionnant entre elle et moi, de part et d’autre de l’océan Atlantique, s’est institué durant lequel elle a rebondi au-delà de mes espérances à toutes mes intuitions et à mes désirs de mise en scène.

Intentions de mise en scène

Un dispositif immersif

A leur entrée, Il est distribué au public des casques audio sans fil grâce auxquels ils entendront ce qui se passe à l’intérieur et l’extérieur de la salle. L’objet casque n’est pas seulement l’outil du spectateur pour entendre, il est aussi un moteur pour l’imaginaire.
Ce dispositif immersif déplace la réalité de la salle (qu’elle soit salle de classe, polyvalente, ou à d’autres destinations) en la nourrissant d’une fiction sonore créée par Jean-Christophe Sirven, musicien de formation classique qui s’exprime maintenant du côté de la pop musique ou de la chanson française.

Les casques permettent aux spectateurs de se projeter dans une autre réalité que la leur, uniquement par l’univers sonore constitué de trois couches :
La première est dramaturgique. Elle rendra compte d’événements qui se produisent ailleurs mais auxquels les personnages sont reliés et avec lesquelles ils dialoguent. La confrontation entre Régine et Allison se joue aussi dans ce que l’une et l’autre veulent faire entendre au public ; ce que Régine veut leur cacher et ce qu’Allison dévoile en hackant les communications téléphoniques des policiers.
La seconde est narrative en donnant à entendre un univers réaliste qui permettra au public de situer l’action quand elle n’est pas visible.
La troisième est musicale et poétique, à la manière d’une bande son de film, pour travailler la tension et l’émotion du spectateur.

Une interactivité décuplée

Dans ce deuxième opus, le spectateur - et donc son esprit critique - sera encore plus au centre du dispositif. Il pourra prendre la parole, voter, choisir son camp en écoutant l’un ou l’autre des interprètes et même se déplacer dans un des deux espaces de la représentation.
Dans Andy’s gone chacun était déjà libre de s’installer où il le désirait pour regarder et d’utiliser son casque audio s’il le désirait. Il y avait plusieurs manières de regarder et d’écouter le spectacle. Nous voulons pour cette suite donner plus de pouvoir aux spectateurs, à leur regard critique. Ils peuvent résister. Nous cherchons, dans la même optique, plusieurs issues finales que le public initierait selon son implication. Par exemple, si le choix est de rester et résister, ou partir, cela implique des décisions douloureuses. Tous ne peuvent pas partir, il y aura un sacrifice dans les deux choix.

Le public va être divisé en deux groupes dans deux espaces différents. Le public aura la conscience de ne pas assister à tout le spectacle. Il se passe des choses auxquelles il n’a pas accès.
Sa connaissance des événements est donc limitée. Ainsi nous développerons la puissance de l’imaginaire en démultipliant les hors-champs, la possibilité que ceux-ci soient fictifs ou réels.
C’est la naïveté et l’esprit critique du spectateur qui sera éprouvé.