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+ Les Témoins

Un projet à épisodes de la cie Adesso e sempre
Commentant l’actualité d’octobre 2010 à octobre 2012
Dirigé par Julien Bouffier

La mise en espace du réel

Pour interroger le monde réel, pour le représenter, il faut réinterroger la représentation et son mode de préparation. Les murs du théâtre pouvant être aussi étroits que la feuille pour le journal, et l’écran pour l’actualité télévisée, Julien Bouffier désirait sortir du cadre conventionnel de la salle de spectacle et être, dès le début des répétitions,  dans le monde réel pour tenter de le traduire à partir de tous les matériaux accumulés dans une période de réflexion et de recherche précédant les répétitions, peut-être aussi les matériaux imprévus ou imprévisibles offerts par un lieu réel et que les comédiens s'approprient en cours de répétition.

Il était nécessaire de ne pas être à côté du réel mais en lui, dans une déclinaison du « vivre ensemble » : Fabriquer ensemble.

Le théâtre documentaire

L’événement brut existe, le théâtre a un droit de regard  mais il doit créer autre chose, un produit artistique qui informera mais aussi touchera le spectateur. Comment réussir cette équation compliquée pour cette pratique artistique dont l'essence même est la distance qu'elle entretient avec le réel. Comment peut-elle le montrer, le dire aussi directement que l'image filmée, qui, bien qu'elle soit elle-même une représentation puisqu'elle choisit ce qu'elle montre par son cadrage, nous parvient plus directement ? Comment les corps des acteurs peuvent-ils donner à voir la chair du monde, de ses blessures, de ses injustices, de ses joies, de son courage ?

Le travail de la compagnie a toujours tenté d'être un reflet de la société dans laquelle il évolue. En témoignent par exemple Les Yeux rouges ou Les Vivants et les morts. Mais avec ce projet, nous cherchons comment le théâtre peut rendre compte de l'actualité du monde, comment faire de lui  un média pour raconter le monde, une forme de théâtre qu'on pourrait nommer « documentaire ».

Quels témoins ?

Un témoin est une personne qui a vu (témoin oculaire) ou entendu (témoin auriculaire) quelque chose et peut attester de sa réalité. Le mot est employé en particulier dans le domaine de la justice, où il désigne une personne en présence de qui s’est accompli un fait important et qui apporte son témoignage sur lui pour éclairer la Justice. C’est enfin une personne qui assiste à un événement inattendu, un fait qui la frappe et qu’elle perçoit subjectivement, sans qu’elle soit forcément appelée à en témoigner… c’est-à-dire un spectateur. Ainsi dans ce spectacle, le spectateur est pris à témoin de ce qui se passe dans le monde. Il est témoin dans tous les sens du terme : il a vu ou entendu les événements de l’actualité par le réseau des médias, il prend conscience de ce qui arrive autour de lui et de la nécessité de témoigner, d’apporter sa pierre à la justice du monde, il est aussi le spectateur auquel d’autres témoins, Julien Bouffier et ses comédiens, présentent leur propre perception de l’événement. Enfin il existe un autre témoin : les images qui, par leur présence, leur insertion à des moments-clés, permettent de vérifier la réalité des faits. Le metteur en scène peut-il espérer vous passer le témoin ?

Les Témoins est un spectacle évolutif, dont nous avons montré des étapes de travail pendant les deux années de maturation. Le spectacle évolue avec l’actualité sociale, politique et internationale pour plonger le spectateur dans son présent.

Trois espaces de jeu simultanés

Trois espaces de jeu, connectés à la fois les uns aux autres et à l’extérieur (via la création d’un réseau wifi) jouent simultanément, rendant compte de différents points de vue sur une même réalité. Le spectateur n’assistera qu’à un seul de ces points de vue. Il oscillera ainsi entre la frustration de ne pas avoir tout vu et la conscience active de n’être le témoin que d’une partie de la réalité. La multiplicité des espaces de jeu et la participation active qui est demandé au public interroge le rôle du spectateur dont les codes de lecture et les pratiques culturelles ont évolué.

Premier espace : MANIFESTEment
La compagnie Adesso e Sempre

Cinquante spectateurs sont installés dans une serre blanche de 10m50 de long sur 4m50 d’ouverture, sur laquelle sont projetées, sur toute la longueur, des images vidéo. Quelques acteurs, à l’intérieur, avec le public, laissent croire que tout le spectacle se passera dans la serre mais très vite, elle s’ouvre et révèle à l’extérieur un espace de jeu bien plus grand. Ce petit théâtre de l’info laisse ainsi à chacun la possibilité d’apercevoir l’extérieur de ce cocon et de soi-même. Le monde n’est alors plus une image mais devient réel, concret.
Par la critique de l’illusion avec laquelle nous jouons, le spectateur assiste pourtant à une mise en spectacle de la réalité.

Deuxième espace : Burn out
Le monde du travail

Cinquante  spectateurs  munis de casques audio assisteront au spectacle à l’extérieur de la serre, comme en coulisses. Ils seront conduits par les acteurs/témoins/travailleurs qui communiqueront avec eux grâce aux casques audio  et ils déambuleront autour des deux serres, assistant de l’extérieur à ce qui s’y joue. Au fur et à mesure, il sera demandé à ce public déambulatoire de formaliser un espace à l’aide de marqueurs, fils ou éléments de décor. Ainsi l’espace, qui semblait n’être que la coulisse des deux serres au début du spectacle, devient un espace global à la fois concret et virtuel à l’image de notre société mondialisée.

Troisième espace : No Life
Le monde virtuel des réseaux sociaux

Cinquante spectateurs sont installés dans une serre noire de 10m50 de long sur 4m50 d’ouverture, eux aussi munis de casques audio. Autant la serre blanche est aérienne, autant pour la noire, nous travaillons sur la sensation d’enfermement. Il est demandé aux spectateurs, avant d’entrer dans l’espace, de garder leur smartphone allumé car ils devront s’en servir pendant le spectacle. L’intérieur de la serre ne sera éclairé que par une projection, sur une des parois de la serre, du bureau de l’ordinateur d’un des acteurs, présent avec le public.

Dans le cadre de la résidence au Théâtre Jean Vilar de la Ville de Montpellier

Avec Marc Baylet, Claire Engel, Vanessa Liautey, Fanny Rudelle, Nicolas Vallet

Scénographie Emmanuelle Debeusscher, Julien Bouffier
Vidéo Laurent Rojol
Musique Eric Guennou
Lumières Christophe Mazet
Régisseur général Vivien Sabot
Stagiaire Lena Edler von Braun

Production Compagnie Adesso e sempre
Coproduction Théâtre Jean Vilar de la Ville de Montpellier et Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine
Avec l'aide à la production du Dicréam
Avec l'aide à la production du Conseil général du Val de Marne
Avec le soutien de la Spedidam - La SPEDIDAM est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes-interprètes en matière d'enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées

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